Suite au dernier massacre du 13 août, attribué par le gouvernement congolais aux « djihadistes » ADF, la population de Beni a profité aujourd’hui de la présence d’une partie du gouvernement en ville pour exprimer sa colère.

La version officielle sur l’origine des tueries à Beni ne convainc pas la population locale. Excédés par l’incapacité de l’Etat à assurer leur sécurité, plusieurs jeunes de la ville se sont rassemblés et ont manifesté aux abords de la mairie, au départ dans le but de remettre un mémorandum au maire Nyonyi Bwanakawa, d’après des informations de RFI. Empêchés par les forces de l’ordre d’atteindre le bâtiment administratif, les manifestants ont arraché des drapeaux du PPRD et entonné des chants et slogans hostiles au pouvoir. Basculant vite dans la violence suite à la répression de la police, qui a tenté de disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes, mais aussi par des tirs à balles réelles, la manifestation a donné lieu à des scènes de violence pendant plusieurs heures. Rejoints par des délégations de manifestants venues de Butembo et d’Oicha, les manifestants ont défié les forces de l’ordre jusqu’au début de la soirée.

Alors que le maire était en réunion avec le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, un jeune de 19 ans a été tué par la police à bout portant, d’une balle dans le dos, alors qu’un policier a également été tué par les manifestants. En marge de la manifestation, un jeune homme, pris pour un ADF, a été lynché à mort par la foule, qui a ensuite brûlé son cadavre.

Du côté du gouvernement, Lambert Mende a mis en doute la spontanéité de la manifestation, n’hésitant pas à insinuer que la population faisait le jeu des « terroristes » : « Nous devons enquêter, a ainsi déclaré le porte-parole du gouvernement. Ces marches sont-elles spontanées, ou organisées par des complices des terroristes ? »

Au terme de cette journée, 3 morts et 5 blessés sont à déplorer. Le maire de la ville, Nyonyi Bwanakawa, a décrété un couvre-feu à 20h et interdit toute manifestation à Beni-ville.

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