La mosquée centrale de Butembo.
La mosquée centrale de Butembo.

Encore sous le choc de l’arrestation de leur imam Hamza Baguma, les fidèles de la mosquée centrale de Butembo cherchent un moyen de se mobiliser pour lui exprimer leur soutien.

À leurs yeux, il est impossible que le religieux ait quoique ce soit à voir avec les ADF, comme l’a affirmé le prévenu Kassim Mupenda, qui l’a désigné comme l’un des recruteurs du mouvement rebelle ougandais. Déterminés à prouver son innocence et à lui manifester publiquement leur soutien, les musulmans de Butembo cherchent un moyen d’expression qui puisse être toléré par les autorités. Sauf que dans les rangs des fidèles, c’est la colère qui semble encore primer, et qu’elle a de fortes chances d’être durement réprimée, si elle était exprimée au grand jour, dans une ville où tout mouvement populaire est formellement interdit depuis le dernier massacre commis à Rwangoma. De plus, l’étau sécuritaire s’est resserré suite au lynchage de deux femmes prises par la foule pour des Hutus complices des ADF, et les forces de l’ordre à Butembo sont constamment sur le qui-vive, prêtes à répondre par la force à toute contestation ou revendication populaire.

« J’aurais aimé qu’on puisse organiser une marche pacifique, souffle Ibrahim. Il faut qu’on dénonce cette injustice ». Comme lui, nombreux sont les fidèles de la mosquée centrale de Butembo à ne pas imaginer une seule seconde que leur imam soit impliqué dans une sombre affaire de complicité avec les ADF. « Parce qu’on le connaît, explique Hassan. On le connaît depuis ses débuts, il a déjà eu des problèmes avec l’ANR il n’y a pas très longtemps, ils l’ont déjà interrogé, il était surveillé, mais ils n’ont jamais rien retenu contre lui ».

Si l’idée d’une mobilisation sur les réseaux sociaux aurait pu être abordée, Butembo connaît actuellement de nombreuses coupures de courant qui rendent difficiles les connexions Internet pour une grande partie de ses utilisateurs. En attendant, à la mosquée centrale de Butembo, on s’encourage mutuellement à prier en faveur de l’imam Hamza Baguma et de Djibril Muhindo, en espérant que rien ne leur soit reproché par la Cour.

(témoignage d’un jeune musulman de Butembo recueilli le lendemain de l’arrestation de l’imam Hamza Baguma)

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