Cover Bahuma

Grand artisan de la défaite du M23 et responsable de la débandade, qu’on pensait alors définitive, des ADF, le Général Lucien Bahuma, commandant de la 8ème région militaire à Goma, mourait brutalement dans la nuit du 30 au 31 août 2014.

Il est l’un des grands noms de l’Histoire militaire de la République Démocratique du Congo. Quelques mois après la disparition tragique d’une autre icône de l’héroïsme patriotique, le Colonel Mamadou Ndala, le Général Lucien Bahuma quittait à son tour ce monde d’une manière toute aussi soudaine.

À la tête de l’état-major militaire du Nord-Kivu depuis 2012, le Général hérite de troupes réputées indisciplinées, coupables d’exactions sur les populations civiles, et d’hommes qu’on dit alors peu farouches au combat. Pourtant, Lucien Bahuma parvient rapidement à remobiliser l’armée et à s’entourer de soldats dévoués, qui enchaîneront les succès face aux rebelles du M23 qu’on disait jusqu’alors imbattables. Avec Mamadou Ndala à ses côtés, ils nettoieront le Nord-Kivu du M23, défait en automne 2013, et porteront des offensives foudroyantes sur les positions des ADF, jusqu’au décès du Colonel Mamadou en janvier 2014.

C’est au cours d’une réunion tenue en Ouganda, avec l’armée ougandaise et les forces de l’ONU, dédiée à l’éradication des ADF, que le Général Lucien Bahuma sera victime d’un AVC qui l’emportera à l’âge de 57 ans, malgré son transfert rapide en Afrique du Sud pour tenter de le maintenir en vie. Plus tard, on évoquera un empoisonnement ayant entraîné l’accident vasculaire mortel ayant emporté le Général.

En quelques mois, les FARDC, et tout le peuple congolais, perdaient deux véritables héros, coupés dans leur élan alors irrésistible de pacification du Nord-Kivu. Deux ans après, tout est à refaire pour l’armée congolaise : Les ADF, ou présumés ADF, sont réapparus encore plus forts, les massacres de civils se sont multipliés, les groupes armés pullulent, et certains officiers ont renoué avec l’indiscipline, voire la complicité avec l’ennemi.

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