Les réfugiés sud-soudanais, pris en charge cette semaine à Goma, ne sont pas les bienvenus en République Démocratique du Congo. Déjà victimes de l’activité de dizaines de groupes armés, les habitants de la province du Nord-Kivu craignent d’avoir affaire à la nouvelle rébellion de demain.

 

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Présents depuis plusieurs années dans le parc de la Garamba (province du Haut-Uélé), frontalier du Soudan du Sud, ces réfugiés, civils, mais également des combattants désarmés, ont vu au total 519 d’entre eux être acheminés par la MONUSCO vers le camp de Munigi, près de Goma (Nord-Kivu). Sur place, ils bénéficient d’une assistance humanitaire dans des camps surveillés par les Casques Bleus, alors que la population locale craint de ne voir à l’avenir ces réfugiés bien encombrants reprendre les armes et menacer à leur tour la stabilité de la région.

Pour l’heure, personne au sein des instances onusiennes n’est en mesure de dire pour combien de temps ces réfugiés seront pris en charge sur le territoire congolais. Il y a un mois déjà, la RDC permettait l’évacuation sur son sol de Riek Machar et de sa famille, qui sont toutefois déjà retournés au Soudan depuis. Mais aujourd’hui, c’est donc avec des milliers de partisans du chef de la rébellion sud-soudanaise que la RDC doit composer : en plus des civils et des ex-combattants pris en charge par l’ONU, ils sont près de 22 000, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) à avoir rejoint le Congo.

En 1994 déjà, après le génocide rwandais, la RDC avait accueilli sur son sol des réfugiés de l’ethnie Hutu. Après leur prise en charge, des groupes de combat se sont formés et ont été militarisés,pour constituer les FDLR, qui contribuent grandement au chaos qui règne à l’Est de la République Démocratique du Congo depuis 20 ans.

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