Le Rassemblement de l’Opposition avait appelé les manifestants à poursuivre le mouvement aujourd’hui, après la journée particulièrement meurtrière d’hier. À Kinshasa, les violences ont encore fait rage et coûté la vie à plusieurs personnes.

La journée a commencé par l’incendie des bureaux de plusieurs partis et mouvements d’opposition, l’Ecidé, le MLP, Fonus, et surtout l’UDPS, où deux corps calcinés ont été retrouvés ce matin, et que cinq blessés sont à déplorer. Si les auteurs de ces attaques contre les différents locaux n’ont pas été identifiés, plusieurs témoins ont pointé du doigt la responsabilité d’éléments de la garde républicaine, par ailleurs accusés d’avoir organisé la répression aujourd’hui dans la capitale.

Dans la matinée, alors que l’on pensait que les manifestants n’oseraient pas de nouveau braver les forces de l’ordre, c’est à l’ISTA/ Kinshasa que des affrontements ont opposé les étudiants aux forces de sécurité, alors que des actes de vandalisme et des pillages ont eu lieu à l’Université CEPROMAD et à l’Ecole Cartesien de Steve Mbikayi. Fait marquant de la journée, de nombreux témoins ont indiqué à plusieurs médias sur place que les agents de sécurité qui pourchassaient les manifestants « parlaient anglais, ou un swahili qu’on ne parle pas en RDC ».

Du côté des manifestants, une escalade dangereuse a été observée, avec la présence dans la foule de porteurs d’armes récupérées sur les policiers tués ou sur les forces de l’ordre qui ont fui face aux masses en colère en abandonnant leurs armes.

Alors que plusieurs personnalités politiques congolaises, dont Vital Kamerhe, ont appelé au calme, le président français, François Hollande, a pointé la responsabilité de l’Etat congolais dans la répression sanglante des manifestations. De son côté, la CENCO a annoncé en fin de journée la suspension de sa participation au dialogue afin de respecter le deuil des personnes tuées au cours des manifestations de ces dernières 48 heures : « Le sang de nos frères et sœurs innocents versés pour le respect de la constitution nous interpelle. Il constitue pour nous un signe de temps, a ainsi annoncé la Conférence Episcopale Nationale du Congo. Par respect pour eux, dans un élan de solidarité avec les familles éprouvées et le peuple congolais tout entier, la CENCO estime judicieux de suspendre sa participation au dialogue national pour faire le deuil et rechercher un consensus plus large ».

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