Deux jours après une nouvelle attaque à Kasinga, Beni observait aujourd’hui une journée de deuil en mémoire des 7 victimes tuées par les présumés-ADF. Mais ce vendredi était aussi jour de grande prière pour une communauté musulmane qui craint les amalgames, alors que les auteurs des massacres à Beni sont présentés comme des djihadistes par les politiques et l’armée.

Si aucun acte de représailles n’a jamais été signalé contre la communauté musulmane de Beni, celle-ci sent tout de même que le regard porté sur elle a changé. En cause, l’appartenance présumée des auteurs des massacres de Beni au groupe rebelle ougandais des Allied Democratic Forces, historiquement lié à l’islamisme radical. Si de nombreux habitants estiment que l’utilisation de l’appellation ADF n’est qu’un leurre, l’organisation rebelle s’étant considérablement affaiblie depuis deux ans, d’autres valident la version servie par les autorités congolaises : la RDC fait bel et bien face au terrorisme djihadiste. Soucieuse de maintenir une cohésion pacifique et une harmonie inter-communautaire, la forte minorité musulmane présente à Beni s’évertue à rappeler que si des musulmans figurent bien parmi les combattants capturés, des chrétiens sont également jugés en ce moment au tribunal militaire d’exception sensé statuer sur le sort des présumés-ADF.

Au sein de la communauté chrétienne, et plus précisément des catholiques et des assomptionnistes, nombreux sont ceux qui affichent un soutien total aux musulmans, et qui n’hésitent pas à désigner le Rwanda, l’Ouganda, certains éléments de l’armée ainsi que de hautes autorités de l’Etat comme responsables directs des massacres incessants à Beni.

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