Comme partout où elle est minoritaire, la communauté musulmane congolaise est parfois soumise aux provocations, brimades et attaques verbales. Face à ce type de situation, le Coran et la Sunnah nous invitent à faire preuve de patience afin de ne pas donner libre cours à des réactions négatives et contre-productives.

Si nous sommes bien loin d’être persécutés en République Démocratique du Congo, et que nous coexistons harmonieusement avec nos amis chrétiens, le regard de certains a sensiblement changé vis-à-vis de la communauté musulmane depuis quelques mois. Chez d’autres, la plupart du temps des adeptes de sectes dérivées du kimbanguisme ou de fervents évangélistes, on franchit bien souvent un autre cap en passant de la simple méfiance à l’attaque verbale assumée contre notre appartenance religieuse. Face à ce type de situations, il est bon de se rappeler l’exemple du Prophète Muhammed (paix et bénédictions d’Allâh sur lui) et de ses Compagnons (qu’Allâh les agrée), pris à partie à La Mecque en raison de leur foi dans les premières années de l’islam. En minorité, mais convaincus de leur foi, les musulmans s’encourageaient mutuellement à la patience, à la persévérance dans les bonnes actions et dans le recueillement spirituel. C’est ainsi que dans son exégèse du verset 63 de la sourate du Coran, Al-Furqâne (Le Discernement), l’imam Ibn-Kathîr met en lumière l’une des attitudes à adopter face aux comportements hostiles que peuvent subir les musulmans.

وَعِبَادُ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى ٱلْأَرْضِ هَوْنًۭا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ ٱلْجَٰهِلُونَ قَالُوا۟ سَلَٰمًۭا

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants [injustes] s’adressent à eux, disent: Paix. » (v.63)

« Cela signifie que lorsqu’ils sont injuriés par des gens ignorants (ndlr, dans un certain contexte, ٱلْجَٰهِلُونَ peut aussi être traduit par « injustes »), ils ne ripostent pas en faisant de même, mais ils pardonnent et passent outre », explique ainsi Ibn-Kathîr. « Et ils ne disent que le bien, comme le faisait le Prophète (paix et bénédictions d’Allâh sur lui), dont la dureté de l’injustice subie ne faisait qu’augmenter la douceur en lui ».

Al-Hasan Al-Basri (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a pour sa part indiqué que le fait de répondre « Paix », pour les croyants subissant brimades ou injures, signifiait qu’ils répondaient avec une parole de douceur au lieu de riposter à une injustice par une autre injustice.

Concernant le fait de s’abstenir de toute vengeance et de maîtriser sa colère face aux attaques, nous avons choisi hadith particulièrement édifiant rapporté par Mu’aadh Ibn Anas (qu’Allah l’agrée), selon qui le Prophète (paix et bénédictions d’Allâh sur lui) a dit: « Celui qui calme sa colère alors qu’il était capable de l’extérioriser, Allâh l’appellera devant toutes les créatures le jour de la résurrection et lui fera choisir parmi les houris celles qu’il désire ». (rapporté par Abû-Daoud)

Insultés, taquinés continuellement, provoqués ou affublés de sobriquets dégradants, la seule réponse à avoir face aux attaques portées contre notre appartenance religieuse est dans l’attitude-même adoptée par le Prophète Muhammed (paix et bénédictions sur lui) en pareille situation. Patienter, s’abstenir de céder aux sirènes d’une colère qui peut pourtant paraître naturelle, ne pas riposter, le tout avec l’espoir et la conviction d’en tirer les bénéfices et d’en récolter les fruits auprès d’Allâh.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *