Deux ans, comme si c’était il y a une éternité. En ce 2 octobre 2016, les habitants du territoire de Beni se souviennent qu’il y a deux ans jour pour jour, débutaient les massacres interminables des populations civiles sur leur sol. Kokola, Oïcha, Eringeti, Mayimoya, Munzambay, Mavivi, sont autant de villes que l’ensemble des congolais vont découvrir, ou apprendre à redécouvrir, au rythme des tueries aveugles perpétrées par des assaillants insaisissables.

Beni enterrement

 

Tous attribués aux ADF, qui n’en n’ont jamais revendiqué un seul, les massacres répétitifs dans le territoire de Beni n’ont cessé d’ensanglanter cette région frontalière de l’Ouganda, d’où sont originaire les présumés auteurs de ces crimes. Pour des raisons inconnues jusqu’à ce jour, les populations civiles de cette région de la République Démocratique du Congo sont prises pour cibles et entraînées dans un cycle de mort et de désolation dont le gouvernement congolais ne semble que peu se soucier. En effet, la situation à Beni n’a jamais été considérée comme une cause prioritaire pour les gouvernants congolais, alors que la MONUSCO, sensée appuyer les FARDC dans leur traque des assaillants, n’a eu de cesse de s’illustrer par son impuissance sur le terrain. Pire, de nombreux massacres se sont déroulés à quelques centaines de mètres seulement des positions de Casques Bleus restés sans réaction, de même que les FARDC, qui auront presque toujours eu un temps de retard sur les présumés-ADF lorsque ces derniers attaquaient une localité.

Dans des propos rapportés par Radio Okapi, Gilbert Kambale, le président de la société civile, a confié tout le désarroi, mais aussi la colère des populations de Beni, qui continuent à se sentir seules face à la folie meurtrière des agresseurs :

« C’est un anniversaire macabre, triste qui se passe dans les pleurs car voici deux ans jour pour jour qu’on est en train de massacrer tout un peuple, a-t-il ainsi déclaré. Les statistiques sont vraiment alarmantes. On a aujourd’hui plus de 1200 personnes massacrées sauvagement à la hache et à la machette sans compter les kidnappés ou les portés disparus qui sont autour de 1400. Plus de 80 maisons incendiées, au moins 7 centres de santé incendiés. Un déplacement massif de la population. »

Gilbert Kambale a également demandé à la CPI de prendre en main le dossier de Beni, pour « établir les responsabilités, les auteurs intellectuels et tous ceux qui sont exécutants ».

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