La situation à Beni préoccupe le chef de la communauté musulmane congolaise. Au micro de Radio Okapi, Shaykh Ali Mwinyi est revenu sur les massacres attribués aux ADF ainsi que sur la manière dont les musulmans de la République Démocratique du Congo traversaient cette période, que beaucoup jugent marquée par des réflexes stigmatisants.

Ali Mwinyi a Goma

« Ce qui se passe à Beni est déplorable. Nous condamnons avec force les tueries de Beni, et cela n’a rien à voir avec l’islam, parce que les ADF-Nalu ont existé depuis plusieurs années, plusieurs décennies, et personne n’avait jamais fait allusion à l’islam, a indiqué l’imam représentant légal de la COMICO. Comme [quand] certains se sont mis à faire des actes de barbarie, qui ne sont même pas musulmans, et personne n’a fait allusion au christianisme. Nous demandons à ceux qui nous suivent de faire la part des choses, l’islam n’a rien à voir avec le terrorisme (…) il faut savoir distinguer les choses ».

Au sujet des imams actuellement jugés à Beni, soupçonnés d’avoir délivré des enseignements djihadistes et d’avoir recruté des jeunes pour les ADF, Shaykh Ali Mwinyi a expliqué que s’ils étaient finalement reconnus coupables, cela n’engagerait en rien la communauté musulmane congolaise.

« Je ne crois pas que ce genre d’enseignements ce sont passés dans les mosquées, parce que dans les mosquées, il y a plusieurs personnes qui viennent y prier, il faudrait interroger ceux qui vont prier chaque jour là-bas afin de savoir si de tels enseignements ce sont passés dans des mosquées. Toutefois, on ne peut pas innocenter les imams. Parce que le procès se poursuit, laissons la justice faire son travail. S’ils sont innocentés, tant mieux, s’ils sont coupables, cela n’engage pas la communauté islamique. »

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