Sommée de lancer une enquête sur les massacres à répétition à Beni, la CPI s’est prête à se pencher sur la situation à à l’Est de la RDC. Aujourd’hui, la coordination de la société civile « forces vives » du Nord-Kivu a publié un communiqué pour attirer de nouveau l’attention de la Cour Pénale Internationale.

COMMUNIQUE DE PRESSE N°20/2016

La Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu réunie à Goma en date du 06 Octobre 2016, après avoir compilé les analyses socio politiques de la RDC faites par les 9 coordinations urbaines et territoriales de la société civile de notre province martyre y a réservé sa position en ces termes :

1. En ce qui concerne la disponibilité de la CPI pour mener les enquêtes sur les massacres odieux en Territoire de Lubero, Ville et territoire de Beni, avis exprimé par la procureur FATOU BEN SOUDA, la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu salut et soutient totalement cette initiative malgré qu’elle vient avec retard et se déclare à son tour disponible à coopérer étroitement et invite toute les organisations de la société civile œuvrant au Nord Kivu d’appuyer la CPI en apportant toute sa contribution pour que ces enquêtes aboutissent à bon port afin que les auteurs intellectuels et matériels reçoivent un châtiment à la hauteur de leur cruauté. Il est inacceptable que certains acteurs restent indifférents et passifs en multipliant des initiatives sans issue favorable alors que les massacres se poursuivent et totalisent à ce jour plus de 1220 personnes. C’est l’occasion pour la Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu de lancer son cri mobilisateur en appelant le monde entier à se liguer comme un seul homme pour aider la population du Nord-Kivu à surmonter ce que nous qualifierons de génocide.

2. S’agissant de la dénonciation faite par le Président Ougandais YOWERI KAGUTA MUSEVENI sur la présence d’un mouvement terroriste sur le sol Congolais aux abords de la rivière Semuliki en Territoire de Beni et qui se préparerait à attaquer son pays, la Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu note à travers ses propos, un alibi et démontre à la face du monde que cette attitude traduit une déclaration de guerre contre la RDC en profitant de la crise politique qu’elle traverse à ces jours pour ressusciter les appétits hégémoniques afin d’assiéger l’Est de la RDC où la population garde encore les tristes mémoires de la présence des armées Ougandaise et Rwandaise en RDC notamment la guerre de 6 jours à Kisangani. Le Président Ougandais ne peut jamais s’y soustraire entant qu’auteur ou co-auteur. C’est ici encore le lieu d’appeler le peuple Congolais à se serrer les coudes pour étouffer dans l’œuf toutes les velléités machiavéliques montées par certains pays voisins et leurs alliés afin de soumettre la population de l’Est de la RDC sous le joug de l’esclavage pour son extermination et la matérialisation du plan de balkanisation de la RDC.

3. Pour ce qui est du dialogue politique encours en RDC, la Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu exprime son inquiétude quant à son aboutissement souhaité par le peuple d’autant plus qu’il y a une frange de l’opposition qui reste en dehors dudit dialogue, et qui déclare n’est pas être concernée par tout accord qui sortirait de ces assises.
4. D’autre part, la coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu a suivi avec beaucoup d’attention l’adresse du Chef de l’Etat Congolais à la presse en Tanzanie au côté de son homologue Tanzanien John MAGUFULI, adresse au cours de laquelle le président Congolais a affirmé que les élections auront lieu en RDC sans donner la date précise pour la tenue de ces dernières. Devant cette incertitude et lisant les signaux de la crise qui pointe à l’horizon en RDC, si les uns et les autres ne mettent pas d’eau dans leurs vins.
La Coordination de la Société Civile Forces du Nord-Kivu invite les personnalités, de la majorité, de l’opposition toute tendance confondue, la CENI et les acteurs de la société civile de la RDC à se rencontrer dans l’urgence sous l’égide d’un nouveau facilitateur désigné par la Communauté Internationale de préférence un ex chef d’Etat ayant connu l’alternance démocratiques dans son pays afin de décrisper la crise qui secoue le pays actuellement en discutant sincèrement de la gestion de ce moment crucial du fin de mandat du chef de l’Etat en fonction.

5. La Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu rappelle aux acteurs politiques aussi bien de l’opposition que de la majorité que toutes les conséquences fâcheuses qui découleraient de leur entêtement seront perçues comme une volonté manifeste pour tuer délibérément le peuple Congolais et leur annonçons de vive voix que tôt ou tard ils seront partie et non juge au procès. Invitons tous les partenaires et le monde entier à ne laisser le peuple Congolais être consumé par les appétits du pouvoir de ses acteurs politiques mais plutôt s’investir d’avantage pour sauver le processus de la démocratisation en péril en RDC car l’avenir de l’Afrique en dépend.

Fait à Goma, le 06/10/2016
Pour la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu
Bonaventure NEGURA Etienne KAMBALE KAKULE

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