RD Congo – Actu : Une incursion des Maï-Maï à Beni et Butembo se solde par une bavure des FARDC.

Difficile d’établir les circonstances exactes des incidents qui se sont déroulés à Butembo ce samedi matin. Dans un accrochage les opposant aux Maï-Maï, les FARDC ont tiré une roquette sur une école, tuant 4 personnes.

Institut Butembo

Ce samedi devait être consacré au déboisement partiel des forêts de Mayangose, dans la partie Est de Beni, d’où partent régulièrement les attaques des présumés-ADF. Escortée par les FARDC et la police, la population devait se mettre à l’ouvrage, et se réjouissait depuis plusieurs jours de voir l’une de ses revendications de longue date être enfin autorisée par le maire de Beni. Partis de Lubero ce matin pour prêter main forte aux habitants de Beni, des hommes munis de lances et de machette ont rapidement été identifiés comme des Maï-Maï Mazembe parlant le kinande, le dialecte principal de la région. En réalité, le groupe d’hommes souhaitait rallier Beni, et plus précisément Mayangose, pour débusquer les présumés-ADF terrés dans les forêts.

Accueillis en libérateurs par les habitants, ces Maï-Maï affirment avoir repéré dans la forêt des cachettes de présumés-ADF jamais localisées par la MONUSCO ni par les FARDC.

Dans le même temps, du côté de Butembo, des combats ont éclaté entre les FARDC et un autre groupe de Maï-Maï, jusqu’à ce qu’un militaire tire accidentellement une roquette contre l’Institut Mwamba, tuant 4 personnes et en blessant 5 autres. Vêtus de tenues blanches et kakis et portant des godillons jaunes, ces hommes ont été identifiés comme les membres d’une secte chrétienne, « Corps du Christ », venus faire mine de se joindre aux processions religieuses du jour pour ensuite attaquer les FARDC. Ces hommes, munis de lance-pierres, seraient en fait des miliciens de « Corps du Christ » associés aux Maï-Maï Mazembe ayant prévu de se joindre aux populations de Beni pour participer à la traque des ADF à Mayangose.

S’exprimant sur la situation, un haut-responsable de l’armée a confirmé ce soir la bavure d’un officier contre l’école à Butembo, assurant que le militaire auteur du tir de roquette avait été arrêté et transféré à Beni, où il est actuellement en garde à vue.

À Butembo, Mumbere Siwako, enseignant tué à l’Institut Mwamba, était un membre du groupe d’activistes de la Véranda Mutsanga, qui a appelé à 3 jours de deuil dans la ville.

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