Le comité de direction de la Communauté Islamique de la République Démocratique du Congo s’est réuni aujourd’hui pour évoquer la situation des imams Hamza Baguma et Djibril Muhindo. Selon toute vraisemblance, la COMICO ne devrait pas en rester là.

Tribunal-Militaire

Le choc passé, place aux actions. Après avoir exprimé leur colère face à la condamnation à mort prononcée par le tribunal militaire de Beni contre les imams Hamza Baguma et Djibril Muhindo, les autorités islamiques congolaises pourraient enfin riposter. Face à un gouvernement qui a revendiqué, en lieu et place des présumés ADF, le caractère djihadiste des crimes commis dans le territoire de Beni, la COMICO a sans cesse rappelé que l’islam n’était impliqué, ni de près, ni de loin, dans la situation chaotique dans laquelle se retrouve l’Est de la RDC depuis des décennies.

Totalement perdus dans la gestion de l’insécurité à Beni, nos gouvernants ont semble-t-il choisi d’en revenir aux origines lointaines des Allied Democratic Forces d’Ouganda, en décrivant les « égorgeurs » de Beni comme des activistes djihadistes cherchant à implanter un islam radical dans la région. Sauf que contrairement à tous les mouvements islamistes de la planète, les ADF n’ont jamais revendiqué leurs massacres au Congo, et ne communiquent plus depuis des années, ni sur leur idéologie, ni sur leurs objectifs. Au sein de la communauté musulmane congolaise, on a l’impression de servir de bouc-émissaire, puisque le gouvernement a déjà clairement expliqué que des musulmans du Nord-Kivu étaient en connivence avec les islamistes ougandais, facilitant leur accès aux forêts du Ruwenzori, et bénéficiant de connexions avec des Shebaab somaliens déjà bien occupés pour le moment face aux troupes loyalistes somaliennes, mais aussi face aux armées kényanes et éthiopiennes.

Du côté de la COMICO, on a bien pris conscience de l’inquiétude et de la colère de la minorité musulmane congolaise, les autorités islamiques semblant d’ailleurs fusionner comme rarement avec leur base. En privé, certains imams hauts placés ne cachent pas leur rancœur contre la classe politique congolaise, accusée de jeter la communauté musulmane en pâture et de la mettre à la merci de représailles, dans l’unique but de s’accrocher au pouvoir. Dans les prochaines heures, Shaykh Ali Mwinyi, qui est apparu très remonté contre la décision du tribunal de Beni, pourrait communiquer sur les orientations décidées par la COMICO, c’est du moins ce que souhaitent l’ensemble des musulmans congolais aujourd’hui : voir enfin leurs leaders passer à l’offensive.


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