La communauté musulmane congolaise n’accepte pas la condamnation à mort des imams Hamza Baguma et Djribril Muhindo, reconnus coupables de « participation à un mouvement insurrectionnel » et « crime contre l’humanité », en tant que recruteurs présumés des ADF. Aujourd’hui, c’est l’intervention du président Kabila en leur faveur qui est sollicitée.

kABILA ET REligieux musulmans
Réception des leaders de la communauté musulmane par Joseph Kabila, en 2015

Les musulmans ont activé plusieurs leviers juridiques pour venir en aide aux deux imams de Butembo condamnés à mort par le tribunal militaire opérationnel de Beni il y a dix jours. Tout d’abord, une délégation venue de Butembo s’est rendue à Kinshasa la semaine dernière, avant le départ du président Kabila pour Luanda, afin de solliciter son intervention dans ce dossier en accordant sa grâce aux deux imams, en prenant en compte l’absence de preuves les mettant clairement en cause dans cette affaire. Alors que l’on ignore si ces juristes ont rencontré directement le président de la République, une source proche du dossier se voulait optimiste quant à la prise en considération de la requête formulée à Kinshasa, même si « cela risque de prendre du temps ».

Ensuite, c’est du côté de la COMICO que l’on tente de faire bouger les choses. L’entité islamique officielle en République Démocratique du Congo a envoyé une équipe dans le Nord-Kivu afin de consulter les conclusions des juges dans l’affaire des imams Hamza Baguma et Djibril Muhindo. Là aussi, on nous assure qu’en parallèle, une demande a d’ores et déjà été formulée au gouvernement central de Kinshasa afin que celui-ci se penche sur la manière dont la justice a été rendue par le tribunal militaire de Beni.

Enfin, alors que les conclusions du dialogue national prévoient la nomination d’un nouveau gouvernement d’union nationale d’ici le 8 novembre prochain, nombreux sont ceux qui, au sein de la communauté musulmane, verraient d’un bon œil le départ de Lambert Mende, perçu comme hautement nuisible dans cette affaire. Suite à ses allégations sur la prétendue présence de djihadistes en RDC, soutenus par des imams locaux, le porte-parole du gouvernement avait suscité la colère des musulmans congolais, qui l’accusent depuis de jouer sur les peurs au risque d’installer un climat islamophobe dans le pays.


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