La peur gagne de plus en plus les habitants du quartier Kyaghala, qui abrite le Mont-Carmel, où ont élu refuge les Maï-Maï « Corps du Christ » depuis plusieurs semaines.

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Plus question de prendre la menace à la légère à Butembo. Plus les heures passent, plus la possibilité de voir les FARDC pilonner les positions de la secte, et mettre en danger la vie de centaines de civils, est concrète. Dans le quartier Kyaghala, plus personne n’éprouve la moindre sympathie pour ces Maï-Maï qui prétendent vouloir rallier Beni pour combattre les présumés rebelles ADF, qui y sèment la désolation depuis deux ans. En plus de mettre en danger tout un quartier, ces miliciens sont accusés par une partie de la population d’exactions, dont certaines dénotent d’une pensée archaïque, moyenâgeuse, bien éloignée de la philosophie chrétienne qu’ils disent pourtant défendre.

Si le fait d’arborer un tatouage sensé les rendre invulnérables face aux ADF a heurté bon nombre d’habitants chrétiens, la superstition étant formellement bannie dans le christianisme, d’autres pratiques font craindre à la population l’établissement à Kyaghala d’une sorte de système basé sur des idéaux d’un autre âge. « Aujourd’hui, il n’y a pas eu cours dans toutes les écoles du quartier Kyaghala, et ce dernier est quasiment désert, nous explique ainsi un habitant. Néanmoins, ces Maï-Maï ont tenu un meeting ce matin, et la nuit d’hier à aujourd’hui, ils ont blessé par coup d’épée une folle après l’avoir soupçonnée d’être une sorcière, car elle s’était réveillée en plein milieu de la nuit ».

Ce n’est pas la première fois que des actes hostiles envers la population sont signalés de la part de ces hommes, qui continuent à bénéficier d’un certains soutien auprès des habitants de Butembo et de Beni déçus par les FARDC et la MONUSCO. Peu après le début de leur établissement au Mont-Carmel, qu’ils considèrent saint, et où ils se réunissent pour prier, les adeptes de la secte « Corps du Christ » avaient été accusés par des mouvements citoyens locaux de racket et de harcèlement sur les populations du quartier Kyaghala.

Armés de lance-pierres, de lances et de diverses armes blanches, on voit bien mal comment les miliciens de cette secte feraient le poids face à l’arsenal militaire des FARDC et de la MONUSCO, qui envoyait samedi deux de ses hélicoptères voler à basse altitude au-dessus du Mont-Carmel. À Butembo, certains soupçonnent les Maï-Maï « Corps du Christ » de se montrer volontairement intransigeants face aux injonctions des FARDC afin de provoquer un assaut qui ferait d’eux des martyrs, et retournerait la population contre l’armée et les autorités politiques locales.


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