Soutenus par une majorité écrasante de la communauté musulmane en République Démocratique du Congo, les imams Hamza Baguma et Djibril Muhindo voient leur cas susciter des doutes auprès d’autres musulmans, qui préfèrent faire confiance à la justice.

À Kinshasa, où le commun des musulmans ne connaît pas aussi bien les imams incriminés qu’à Butembo, mais également sur leurs propres terres, dans le Nord-Kivu, certaines voix ultra-minoritaires vont à contre-courant du sentiment général ressenti par la communauté depuis que la peine capitale a été prononcée contre les imams Hamza Baguma et Djibril Muhindo. Dans la capitale, l’imam Moussa Dokodoko, rival de la COMICO, dont il ne reconnaît pas la légitimité, estime que la justice a été rendue et refuse de faire tout commentaire sur une affaire qu’il juge aujourd’hui classée. L’imam ne cache d’ailleurs pas son rejet de la position adoptée par le Shaykh Ali Mwinyi, imam représentant légal de la COMICO, qui avait commenté la sentence en exprimant de sérieux doutes sur la partialité de la justice dans ce dossier.

Dans la même lignée, certains, au sein-même de la COMICO, se veulent moins catégoriques que leur leader, et acceptent l’idée que les imams de Butembo puissent éventuellement avoir quelque-chose à se reprocher. Une position de neutralité apparente parfois destinée à ne pas froisser le pouvoir et à ne pas apparaître comme contestataires face à une décision qui, dit-on, sert parfaitement les intérêts du gouvernement et de sa théorie d’une guerre contre le djihadisme international à Beni.

Parmi les fidèles, largement acquis à la cause de Hamza Baguma et Djibril Muhindo, on déplore ce manque d’unité dans l’épreuve, en espérant toutefois voir toutes les forces et tendances lutter main dans la main pour réclamer toute la vérité sur l’identité des auteurs et commanditaires des massacres de Beni.


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