Les révélations fracassantes faites le week-end dernier dans les colonnes du Soir sur le système de corruption pratiqué par l’entourage du président Kabila continuent à susciter une vague de réactions dans la presse et sur la toile.

President Joseph Kabila

Ex-banquier proche du clan présidentiel, Jean-Jacques Lumumba a fourni au quotidien belge un certain nombre de documents prouvant l’implication d’éléments de l’entourage de Joseph Kabila dans des pratiques de corruption systématique. Des révélations qui interviennent après la publication d’un rapport de l’ONG Enough Project, qui mettait déjà en lumière l’ampleur de la corruption dans notre pays. Cette succession de scandales suscite de nombreuses réactions indignées à l’intérieur comme à l’extérieur d’un pays déjà sous haute tension, alors que l’ASADHO (association africaine des droits de l’homme en République démocratique du Congo) exige aujourd’hui l’ouverture d’une enquête. Florilège.

Afrik.com

« En RDC, à mesure que s’approche la fin du second mandat de Joseph Kabila, les révélations sur les affaires de corruption touchant son entourage proche s’enchaînent à un rythme frénétique (…) C’est peu dire que ces révélations tombent au pire moment pour le régime de Joseph Kabila. « Ceux qui ont fait le choix de le rejoindre dans le cadre de son futur gouvernement se rendront complices sur le plan moral de toutes ces pratiques de corruption. Sans compter que ces informations achèvent de ternir l’image, aujourd’hui déplorable, du régime auprès de l’opinion publique congolaise et de la communauté internationale », analyse un professeur en sciences politiques de l’UniKin. Mais ces scandales à répétition ont aussi un effet ravageur sur l’attractivité de la RDC. Il y a quelques jours, la banque française BNP Paribas annonçait son retrait du pays en raison de l’opacité des transactions dans le secteur des matières premières et des problèmes de mauvaise gouvernance. »

 

Afrikarabia

« Corruption, prédation et répression semblent être plus que jamais les trois piliers du  pouvoir en place à Kinshasa. Une corruption à tous les étages, du simple fonctionnaire jusqu’au sommet de l’Etat, une prédation des ressources naturelles au profit d’entreprises détenues par des proches du président congolais et une répression accrue des opposants politiques qui permet de pérenniser le camp présidentiel au pouvoir. Si ces mauvaises pratiques sont connues et documentées depuis plusieurs années au Congo, les dernières révélations fracassantes du quotidien belge Le Soir résonnent comme un coup de tonnerre à quelques semaines de la fin mouvementée du dernier mandat du Joseph Kabila (…) Des détournements qui ont un goût particulièrement amer en pleine crise politique. Surtout qu’une autre enquête de l’ONG Enough Project dénonce une corruption généralisée au Congo. Une étude qui soutient « que le président Kabila et ses proches collaborateurs s’appuient dans une large mesure sur le vol, la violence et l’impunité pour rester au pouvoir, au détriment du développement du pays. »

RFI

« Au cœur de ces révélations, il y a une banque, la BGFI. Elle est dirigée par un ami d’enfance de Kabila, Francis Selemani Mtwale, un très proche qui a grandi avec lui pendant les années d’exil en Tanzanie. Un des documents rendus publics par le quotidien belge Le Soir montre par exemple que l’un des comptes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Congo, qui abritait de l’argent destiné à financer des élections en RDC, a été régulièrement ponctionné, et cela dans des conditions très louches. »

« Des révélations qui sont le fait d’un homme, un petit neveu de Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance de la République démocratique du Congo, qu’il considère comme son grand-père spirituel (…) Il est le petit-fils de Patrice Lumumba, poursuit Colette Braeckman. Et lui, c’est un économiste, un banquier, et il n’a aucune allégeance politique. Simplement, il dit : « je me suis rappelé de mon grand-père et je me suis dit, tout de même en mémoire de mon grand-père, je ne peux pas laisser passer des choses pareilles ». Et il a pris sa décision ».

La journaliste assure que les montants en jeu ne sont pas colossaux. Ils sont de l’ordre de dizaines de millions de dollars, mais ils révèlent surtout combien l’entourage du président congolais Joseph Kabila serait corrompu. Et cela en toute impunité. Contactées par RFI, les autorités congolaises n’ont pas souhaité réagir. Le porte-parole du gouvernement évoque ce samedi soir une affaire qui est à première vue « une légende d’un individu qui tente de profiter de la situation pour se faire une notoriété ».


 


 

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