Ce sont des allégations chocs qui ont été formulées aujourd’hui par Nyonyi Bwanakawa, le maire de la ville de Beni (Nord-Kivu). S’exprimant sur les massacres attribués aux rebelles ADF dans la région, il a mis en doute la version officielle en estimant que les tueries étaient plus dues à des motivations politiques intérieures qu’au djihadisme.

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« Pourquoi et comment un groupe de rebelles ougandais peut-il se mettre à tuer impunément et sans distinction d’âge, de sexe, de profession ou bien de religion les citoyens congolais, c’est la question que tout le monde se pose, a déclaré le maire de Beni à l’AFP. Ce phénomène peut cesser d’être défini ou appelé comme un groupe rebelle ougandais basé au Congo et il est possible qu’il y ait des mains politiques congolaises derrière ce phénomène. Les ADF, c’est une mosaïque, c’est une nébuleuse, il faut mener des recherches pour qu’on circonscrive ce phénomène, pour qu’on le comprenne afin de le combattre efficacement. »

En République Démocratique du Congo, nombreux sont ceux qui remettent en cause, depuis plusieurs mois, la version officielle qui voudrait que des djihadistes issus des pays des Grands Lacs soient les auteurs des massacres dans le territoire de Beni. Au printemps dernier, un rapport de l’ONU faisait même état d’une collaboration entre certains éléments FARDC et les rebelles, le Général Akili Mundos Muhindo ayant notamment été cité pour avoir recruté, armé et financé les présumés-ADF. Nyonyi Bwanakawa, lui, peine à comprendre pourquoi des rebelles ougandais en seraient venus à perpétrer de telles tueries sur les populations congolaises, sans aucun motif ni aucune revendication.

« À partir du moment où j’ai précisé qu’il y a des mains politiques congolaises, ça veut dire que leur objectif me paraît être politique (…) Des Ougandais qui se mettraient à tuer les Congolais, ça ne s’explique pas ».

Alors que des membres présumés des ADF ont été jugés par le tribunal militaire opérationnel de Beni, deux imams de Butembo, Hamza Baguma et Djibril Muhindo, ont été condamnés à mort pour « participation à un mouvement  insurrectionnel » et « crime contre l’humanité », un verdict allant dans le sens gouvernemental d’une activité djihadiste à Beni.


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