Actifs sur le terrain du dialogue interconfessionnel en République Démocratique du Congo, les imams et prédicateurs le sont également à l’extérieur du pays, où certains d’entre eux jouissent d’une réputation de véritables pacificateurs.

AbdoulMadjid Kasogbia à Abidjan

Au mois de février de cette année 2016, c’est le Docteur AbdoulMadjid Kasogbia qui était convié par les hautes instances islamiques de la Côte d’Ivoire pour promouvoir la réconciliation nationale et la coexistence pacifique entre les communautés. Déchirée entre pro-Gbagbo et partisans de son successeur, le président Alassane Ouattara, la société ivoirienne réapprenait à vivre ensemble malgré les divergences politiques et religieuses. Face à la fragilité de la situation, le Docteur AbdoulMadjid Kasogbia, dont la voix porte en RDC comme dans toute l’Afrique francophone, a été reçu en grande pompe à Abidjan pour prêcher l’unité, le vivre-ensemble et le pardon. Mais pourquoi ce choix ? Pourquoi avoir sollicité l’intervention d’un théologien issu d’un pays plus complexe encore et exposé à bien plus de menaces sur sa cohésion et son intégrité territoriale ? En réalité, malgré la situation chaotique à l’Est de la République Démocratique du Congo, les musulmans congolais sont cités en exemple pour leur capacité à maintenir leurs efforts pour une coexistence pacifique sincère dans l’intérêt national avant tout.


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Dans le Nord-Kivu, ils sont en première ligne, aux côtés d’autres organisations confessionnelles mais aussi du gouvernement, pour lutter contre l’enrôlement des groupes armés et œuvrer pour le maintien de la paix entre les communautés de la région. Cet effort, prédicateurs, imams et associations islamiques locales, le prolongent jusque de l’autre côté de la frontière, en tenant conférences et séminaires avec les musulmans issus des pays des Grands Lacs, comme ce fut le cas à la fin du mois dernier à Goma, avec l’événement organisé par le COREJEM. Dans cette partie du pays, les chefs d’entités islamiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu travaillent de concert avec leurs homologues rwandais et burundais, afin que les tensions politiques et sécuritaires entre les Etats ne viennent perturber les relations fraternelles qui existent entre les communautés religieuses de la région. Au Rwanda, les efforts déployés par la communauté musulmane congolaise sont particulièrement appréciés, ils sont perçus comme une volonté de maintenir la paix et la coexistence dans une partie du monde où tout semble pourtant être fait pour que la division et la haine s’installent et perdurent.





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