Très attendu, le président de la République, Joseph Kabila, s’est exprimé aujourd’hui face aux députés et sénateurs pour le traditionnel discours sur l’Etat de la Nation. Muet sur l’identité du successeur d’Augustin Matata Ponyo au poste de Premier Ministre, évasif sur son avenir personnel, le chef de l’Etat s’est en revanche montré optimiste sur l’évolution de la situation à Beni.

President Joseph Kabila1

Avant de se féliciter du bilan de ses quinze années à la tête d’une République Démocratique du Congo qu’il dit avoir « remis sur orbite dans le concert des nations », le président Joseph Kabila a ouvert son discours sur l’Etat de la Nation en demandant au Congrès de respecter une minute de silence pour « les victimes de la barbarie des forces terroristes et criminelles à Beni », mais aussi dans le Kasaï-Central et Oriental, ainsi qu’à Kinshasa. Critiqué par ses détracteurs pour son silence chronique sur les massacres et le chaos sécuritaire dans la région de Beni, le chef de l’Etat a souhaité d’entrée de jeu afficher un visage solidaire vis-à-vis des victimes, des femmes et enfants qu’il évoquera à plusieurs reprises dans son discours.

Revenant sur la situation dans laquelle il a trouvé le pays à son accession à la fonction suprême, Joseph Kabila s’est félicité des efforts entrepris, selon lui, pour la protection des populations civiles à l’Est du territoire.

« Au plain sécuritaire, le pays écumait d’une multitude de groupes armés qui, dans toute la partie Est, faisaient la loi sur près de la moitié du territoire national, se substituant aux pouvoirs publics devenus l’ombre d’eux-mêmes et distribuant impunément la mort et la violence à souhait, avec à la clé une comptabilité macabre de nombreuses victimes au sein de la population, particulièrement les femmes et les enfants ».

Si l’opération USALAMA, menée conjointement avec la MONUSCO, n’a finalement pas apporté les résultats escomptés, et qu’en dépit des moyens et des forces déployés dans le cadre de l’opération Sukola, les massacres et incursions armés se poursuivent, le président Kabila a tout de même souhaité porter un regard positif sur une guerre qu’il a assuré mener contre des « islamistes radicaux » qui n’ont pourtant jamais formulé la moindre revendication pouvant motiver les tueries qu’on leur attribue.

« Grâce à d’importantes réformes engagées au niveau de notre système national de sécurité, les zones de non droit jadis occupées par divers groupes armés ont été réduites à une pression congrue, a-t-il déclaré. La pression militaire reste activement maintenue sur les éléments résiduels des forces négatives, singulièrement les FDLR et les islamistes radicaux de l’ADF dont les sanctuaires ont été détruits mais qui malheureusement demeurent encore actifs dans certaines localités du territoire de Beni au Nord-Kivu. Les efforts ainsi fournis, couplés à ceux de notre justice militaire ont permis d’assurer la poursuite d’une meilleure protection de la femme et des enfants contre les violences qui leur sont faites ». 

Toujours sur le thème sécuritaire, Joseph Kabila s’est félicité des efforts menés dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Pour le chef de l’Etat, les campagnes de sensibilisation sur cette question ont porté leurs fruits, au point de faire de la RDC « un exemple à suivre » en la matière.

« Hier sujet de profondes préoccupations au plan international, la République Démocratique du Congo est aujourd’hui citée en modèle réussi et en exemple à suivre dans la lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants en raison des résultats remarquables de sa stratégie en la matière, s’est félicité le président. Les efforts entrepris se poursuivront dans un contexte de paix et de sécurité retrouvée. L’objectif à atteindre étant celui de zéro viol en République Démocratique du Congo ».





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