Samedi dernier, les FARDC ont annoncé la libération de 13 otages des mains des ADF, sans en préciser les circonstances. À travers eux, le groupe armé aurait tenu à faire passer un message bien étrange réclamant la rétrocession de terres qui leur auraient été promises.

« Ceux qui égorgent disent que la forêt leur appartient. Ils demandent aux chefs coutumiers de leur rendre les terres qu’ils avaient acheté du temps de Mobutu », ont déclaré hier à la mairie de Beni les otages récupérés la veille par l’armée congolaise. Du côté de certains mouvements citoyens, ces déclarations laissent sceptiques. La Véranda-Mutsanga, de Butembo, a ainsi demandé à ce que des recherches soient menées sur les otages libérés, afin de les identifier, eux, mais aussi « leurs villages, leurs identités, leurs arrières grand-parents pour ne pas tomber dans le piège d’un montage ».

Depuis le début des massacres en 2014, nombreux sont ceux à émettre des doutes sur le profil djihadiste des ADF, pourtant dressé par le gouvernement congolais. Certaines études de l’ONU avaient déjà mis en évidence une implication d’éléments locaux dans les massacres, qui étaient alors vus comme des règlements de compte de conflits coutumiers. En revendiquant une partie de la forêt, les « égorgeurs », comme on les appelle dans le territoire de Beni, accréditent cette thèse, même si ce sont bien plusieurs forces, militaires, civiles, politiques et étrangères, qui sont aujourd’hui accusées d’entretenir le chaos dans cette région. Il y a dix jours, le maire de Beni lui-même, Nyonyi Bwanakawa, avait avoué voir des « mains politiques congolaises » derrière les massacres en série et l’insécurité dans la région.

D’après la société civile locale, les massacres des populations à Beni-Lubero ont causé la mort de plus de 1000 personnes depuis le mois d’octobre 2014.





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