A quelques heures de la date tant redoutée du 19 décembre, la Lucha a publié un communiqué adressant un ultimatum à Joseph Kabila, en l’invitant à quitter le pouvoir « avant le 19 décembre » à minuit. Le mouvement citoyen a également appelé les congolais à « descendre massivement dans la rue », à travers tout le pays, jusq’au « départ effectif » du chef de l’Etat.

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Le communiqué publié par la Lucha :

#ByeByeKabila, le jour J est arrivé ! Mot d’ordre de la Lucha

Citoyennes, citoyens,
Très chers compatriotes,

1 – La date tant attendue du 19 décembre 2016 est arrivée, marquant la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. En dépit de l’extraordinaire mobilisation des Congolais, parfois au prix de leur vie, pour exiger le respect de la constitution et la tenue des élections dans les délais; malgré aussi les multiples efforts diplomatiques pour trouver une issue par le dialogue, Kabila et son camp n’ont pas renoncé à leur plan de confiscation du pouvoir, au mépris de la constitution, de la résolution 2277 du Conseil de Sécurité de l’ONU, et de la volonté souveraine de notre Peuple.

2 – La dernière tentative en date, ce sont les pourparlers directs dits « de la dernière chance », menés sous l’égide de l’église catholique (CENCO), avec un large soutien de la communauté nationale (y compris la Lucha) et internationale. L’espoir que ces pourparlers débouchent sur un compromis permettant d’éviter la confrontation s’est évaporé ce week-end, la CENCO n’ayant pas réussi à obtenir un engagement ferme du président Kabila et son camp sur son départ du pouvoir, le respect de la constitution et l’organisation des élections dans les meilleurs délais possible (avant fin 2017).

3 – En ce qui concerne les mesures de décrispation, rien de concret non plus. Juste des déclarations d’intention comme si la liberté était un cadeau à négocier en permanence. Pire, pendant que les pourparlers étaient en cours, Kabila n’a pas arrêté un seul instant les actes de répression, de harcèlement et d’atteinte aux droits fondamentaux des Congolais, y compris la liberté de manifester pacifiquement et d’accès à l’information. Au lieu d’apaiser la situation en faisant ce que le Peuple demande (le départ de Kabila etc), ils préfèrent la confrontation : coupure annoncée d’Internet et des SMS, création de la psychose avec le déploiement de l’armée et de la police à Kinshasa et d’autres villes, déclarations pleines de menaces et de mépris envers la population, etc.

4 – Il est évident que le dialogue n’a jamais été qu’un moyen de gagner du temps, de distraire l’opinion, et d’acheter les opposants opportunistes, sans renoncer du tout au plan de se maintenir au pouvoir à tout prix. Même si on lui accordait encore 1 an ou 2 ans, ça ne sera jamais suffisant à son goût pour organiser les élections et quitter le pouvoir.

5 – Eu égard ce qui précède, seule la mobilisation populaire va pousser Joseph Kabila à la sortie.

5.1. La Lucha lance donc un dernier appel au président Joseph Kabila pour qu’il annonce sa démission avant le 19/12/2016 à minuit. Il dispose encore de quelques heures pour ce faire; pour quitter le pouvoir honorablement, avant que le pouvoir ne le quitte ! Ses vrais amis (Congolais ou étrangers) devraient lui demander instamment de renoncer à un passage en force qui risque d’être suicidaire.

5.2. La Lucha appelle la population Congolaise, hommes et femmes, jeunes et vieux, à descendre massivement dans les quartiers, les rues, les ruelles et les villages à partir de ce lundi 19 décembre 2016 et à user de tous les moyens légitimes pour récupérer sa souveraineté des mains de Kabila et de la classe politique irresponsable et égoïste. La Lucha exhorte la population à s’abstenir de violences inutiles, et les forces de sécurité à se ranger du côté du Peuple dont elles sont l’émanation plutôt que du côté d’un régime oppresseur, qui n’a d’ailleurs aucune considération pour les policiers et les militaires non plus. Les manifestations doivent commencer le lundi 19-12-2016 et se poursuivre jusqu’au départ effectif de Kabila, quel que soit le temps que cela prendra. Plus nous serons nombreux et déterminés, plus vite ça ira.

5.3. La Lucha appelle tous les politiciens qui occupent des fonctions au sein des institutions à choisir leur camp clairement, entre le Peuple et ceux qui l’oppriment. Ceux qui choisissent le camp du Peuple doivent démissionner de leurs positions ou se prononcer ouvertement pour le départ immédiat de Kabila. Elles doivent se faire dans les quartiers, les rues , les villages, en prenant possession de tous les symboles de l’Etat.

5.4. La Lucha appelle la communauté internationale à ne plus reconnaître le président Kabila et son gouvernement à compter de ce 19/12/2016, et à soutenir clairement le Peuple Congolais. Les responsables de violences contre la population doivent être arrêtés et transférés à la CPI immédiatement. La Monusco doit y veiller.

5.5. La Lucha appelle les opérateurs de la télécommunication à ne pas suivre l’ordre de couper ou filtrer les communications, car manifestement illégal et émanant d’un gouvernement illégitime à partir du 19/12/2016 à minuit.

Cela prendra plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines, et certainement des sacrifices. Mais nous n’avons pas le choix si nous voulons gagner le respect et la considération en tant que Peuple libre et digne. Il vaut mieux se serrer la ceinture quelques jours pour se libérer, que de rester enchaînés encore des années, avec des politiciens qui nous prennent pour leurs éternels esclaves !





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