Largement minoritaires dans la province, les musulmans du Kasaï souffrent de maux similaires à ceux de leurs frères à travers la République Démocratique du Congo. Isolés et exposés à l’insécurité, ils peinent à se développer, faute de moyens et d’infrastructures.

Tshikapa (Kasaï)
Tshikapa (Kasaï)

Deuxième zone de grosse insécurité en République Démocratique du Congo, après la région du Kivu, le Kasaï voit régulièrement les miliciens de Kamwina Nsapu et les forces de l’ordre s’affronter dans des combats toujours très meurtriers. Depuis l’été dernier, environ 150 personnes, de source onusienne, ont été tuées dans ces violences faisant des victimes aussi bien du côté des civils que des miliciens et des forces de l’ordre (police, armée). Dans ce climat d’insécurité, la petite communauté musulmane locale tente tant bien que mal de prospérer et de se développer. Isolés du reste des musulmans du pays, avec lesquels ils tentent de tisser des liens, les kasaïens manquent de pratiquement tout : moyens, infrastructures, fournitures scolaires,  mosquées, ou encore livres religieux.

Sur le terrain, des associations islamiques se battent pour faire vivre la communauté et inverser la situation défavorable dans laquelle se trouve la population locale. Afin de la sortir de l’enclavement, l’Association des Jeunesses Islamiques pour le Développement (AJID), basée à Kamonia, chef-lieu du territoire de Tshikapa (Kasaï-Occidental), a ouvert une antenne à Kinshasa, « pour faciliter la liaison entre les instances nationales et internationales ». Hors des frontières, cette association a noué un partenariat de représentativité mutuelle avec l’ONG italienne Shared Development Consulting Group (SDCG). Le siège d’exploitation est quant à lui installé à Kamako, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Angola. Avec une houe et une machette pour emblèmes, l’AJID se voit en « symbole de l’espoir dans la lutte contre la pauvreté et de développement communautaire », et l’association se veut active sur absolument tous les plans : sociétaux, environnementaux, sécuritaires, agricoles, éducatifs, et sur les questions liées à l’épanouissement de la communauté musulmane locale. Composée de bénévoles religieux, d’étudiants, mais aussi de cultivateurs, d’enseignants et d’intervenants associatifs, l’AJID, comme d’autres organismes associatifs locaux, tente aussi d’endiguer le sursaut de la milice de Kamwina Nsapu, par des travaux de prévention auprès de la jeunesse kasaïenne.

Comme l’AJID, ou encore l’Unité des Femmes Musulmanes pour le Développement (UFEMUDE), les associations musulmanes locales sont confrontées au problème du manque de moyens, récurrent en République Démocratique du Congo. Dans les écoles conventionnées islamiques qui existent dans le Kasaï, les professeurs ne sont pas toujours payés, alors que les projets de construction de mosquées ne peuvent se traduire dans la réalité. Espérant attirer l’attention sur sa situation, la communauté musulmane locale multiplie les campagnes de communication, à destination d’interlocuteurs faisant face à des défis similaires sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.




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