Des membres de la communauté musulmane de Bukavu ont manifesté contre une décision du tribunal ordonnant la vente publique des bureaux de la COMICO.

Manifestation musulmans de Bukavu Après avoir commandé la construction de ses locaux et d’une école conventionnée islamique auprès de l’ingénieur Timothée Kitenge, la Communauté Islamique en RD Congo (COMICO), alors dirigée par Al-Hajj Issa Amissi, a bénéficié d’un financement de la Banque Islamique de Développement (BID) pour mener à bien le projet. Aujourd’hui, les musulmans accusent leurs anciens dirigeants d’avoir produit de fausses factures à la BID pour détourner une partie des fonds, alors que l’ingénieur s’est vu retirer sa mission en raison de travaux jugés bâclés par la COMICO. En retour, Timothée Kitenge a réclamé la restitution de la parcelle auprès du Tribunal de Grande Instance de Bukavu, qui lui a donné raison en ordonnant la mise en vente publique du terrain, et donc des bureaux de la COMICO. Les manifestants soupçonnent l’instance islamique et l’ingénieur d’avoir tout planifié ensemble.

« Les dirigeants de la communauté islamique en RDC, dans notre province du Sud-Kivu, ont fait une manœuvre avec l’ingénieur Timothée Kitenge, qui a mal construit le bâtiment de nôtre école après que les musulmans aient obtenu le financement à la banque islamique pour le développement (BID) », témoigne Issa Ibrahim, qui a manifesté hier pour contester la décision de justice. « Les soi-disant dirigeants, avec l’ingénieur, ont fabriqué une fausse facture en croyant que la BID va envoyer l’argent. Après s’être rendue compte que la facture était fausse, la BID a refusé d’envoyer l’argent, et l’ingénieur a été porter plainte contre la COMICO. Nous sommes allés au tribunal pour contester la vente publique de notre bâtiment, qui abrite les bureaux de la COMICO, il est hors de question que Timothée récupère ces bâtiments ».

Alors que les manifestants ont assuré que leur démarche ne visait pas l’actuel chef d’entité islamique du Sud-Kivu, Shaykh Assumani Kasongo, ni même la COMICO, Shaykh Madjaliwa Ramadhani, imam de la région islamique d’Uvira, s’est dit choqué et déçu de la démarche juridique entreprise par l’ingénieur, ainsi que de la décision de justice qui a été rendue en défaveur des musulmans. Dans la province du Sud-Kivu, la communauté musulmane est depuis plusieurs années en proie à de profondes divisions, chaque instance islamique régionale et provinciale étant contestée par une partie des musulmans, qui ont constitué des organes de direction parallèles.




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