Exploré depuis ses premières armes effectuées au sein d’une rébellion autochtone dans les forêts de Bafwasende, jusqu’à la consécration survenue avec le succès face au M23 en 2013, le parcours de Mamadou Ndala fait apparaître une constante : celle de la lutte fratricide. Impliqué dans tous les conflits qui ont secoué le Congo après la chute de Mobutu en 1997, c’est en tant que capitaine qu’il a découvert, en 2003, la cohabitation impossible entre les anciennes forces belligérantes rassemblées au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo.

« Tout au long de sa carrière militaire, il a été confronté à la jalousie et aux trahisons, ça a commencé dès l’intégration aux FARDC », explique Amza, l’un des témoins principaux s’exprimant dans la biographie « Héros National, Mamadou Moustapha Ndala. »

Pour son passage dans les rangs du MLC au début des années 2000, Mamadou Ndala paiera lors de son affectation au Katanga sa proximité avec son mentor, le Général Widi Divioka, un ancien commandant des forces de l’ALC (armée de libération du Congo) dans les environs d’Isiro. Forcé de cohabiter avec d’anciens combattants du RCD intégrés à l’armée, Mamadou devra également composer avec des éléments dits « rwandophones » affiliés aux groupes armés successifs qui se manifesteront à l’Est du pays. S’il ne manifestera aucun comportement à caractère discriminatoire envers ces profils de soldats composant ses unités, Mamadou se montrera, une fois lieutenant-colonel, bien plus méfiant vis-à-vis des commandants issus des groupes armés ayant bénéficié du soutien du Rwanda, en particulier le CNDP. Lors de la prise de Goma par le M23 en 2012, il désignera ces officiers comme des éléments ennemis infiltrés au sein des FARDC et des traîtres à la patrie.

(Extrait « Héros National, Mamadou Moustapha Ndala », chapitre « Goma : Novembre 2012 »)

« La période correspond au pic de la menace du M23 sur le Nord-Kivu. À défaut d’avoir été appelé en soutien des FARDC chargées de protéger Goma, Mamadou multiplie les communications avec le général Bahuma en l’interrogeant surtout sur la fiabilité des hommes. S’il a toujours cherché à intégrer au mieux et à faire accepter les soldats congolais d’ethnie hutue ou tutsie au sein de son bataillon, Mamadou affiche plus de doutes quant aux anciens membres du CNDP – ces « rwandophones » – disséminés au sein des régiments censés assurer la défense de Goma. Depuis Rwindi, il craint férocement pour le sort de la ville. Le commandant se sent impuissant, loin du centre névralgique d’une province en danger, livrée à la merci d’un ennemi trop fort pour elle. »

(…)

« Il y a eu des combats à Goma, des combats très durs, mais ça, c’était la moindre des choses. Nous avons appris que des militaires et des policiers, environ 200, ont tout de suite rendu les armes quand les mutins sont entrés dans les quartiers de Goma. Ils n’ont pas combattu, ils n’ont pas résisté, ils se sont juste rendus », explique le major Eduardo. « C’est à ce moment-là que Mamadou a compris… vous savez… il a compris que quelque-chose était en train de se passer. Il nous a dit qu’il y avait eu trahison… Trahison au niveau des soldats, mais aussi au niveau de certains au commandement.»

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